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libres propos croisés…

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Pourquoi certains musiciens ressentent-ils le besoin de produire leurs propres disques en créant un label, voire de se rassembler en coopératives ? Pourquoi ne se dirigent-ils pas naturellement vers les compagnies de disques qui tiennent le haut du pavé ? Des musiciens-producteurs tentent quelques éléments de réponse. Propos recueillis en vrac, depuis une trentaine d’années. par Gérard Rouy

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Photo: Peter Gannushkin


Han Bennink ICP « Aujourd’hui, j’enregistre exclusivement pour notre coopérative, Instant Composers Pool, nous avons des problèmes financiers, mais au moins pouvons-nous enregistrer en toute liberté, quand nous en éprouvons le besoin. Nous réalisons les pochettes nous-mêmes et vendons les disques au prix le plus bas possible » (1971)


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John Carter - Ibedon « J’ai produit un disque (le seul !) en 1976 mais je vais probablement en sortir quatre ou cinq autres, par moi-même et par mon fils, qui a lui aussi des projets » (1979)

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Photo: Peter Gannushkin

Gunter Hampel Birth « C’est Birth qui vit de moi, plutôt que l’inverse. J’apporte de l’argent pour faire un disque grâce à mes droits d’auteur de compositeur et mes concerts, en espérant que ce n’est qu’un investissement » (1979)

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Photo: Peter Gannushkin

Evan Parker Incus « En principe, nous payons les musiciens avec les royalties de leur disque, mais en pratique une grosse partie de cette somme est réinvestie pour la production d’autres disques. Il n’y a pas d’argent qui « traîne » à l’intérieur de la compagnie, la seule façon de produire de nouveaux disques est d’utiliser une partie de l’argent qui appartient aux musiciens » (1975)

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Photo: Peter Gannushkin

Carla Bley JCOA Records « A nous et à beaucoup d’autres, les grandes compagnies disaient que quand ils enregistraient du jazz, c’était une « faveur ». Nous, à force de ramper, nous commencions à nous sentir comme des vers de terre » (1972)

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Photo: Gérard Rouy

Paul Lovens Po Torch « Je voulais m’occuper de toute la production et avoir un contrôle complet : choisir la musique, prendre des décisions au sujet de l’argent, coller les timbres sur les paquets etc. » (1978)


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Charles Tolliver Strata-East « Franchement, notre premier disque en 1971, si une major company nous avait dit : “OK, nous le prenons”, nous aurions accepté. Mais il y avait un grand vide à l’époque, personne pour prendre fait et cause pour cette musique. Alors nous avons décidé de le lancer nous mêmes, sans même penser créer une compagnie de disques » (2002)

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Photo: Gérard Rouy

Peter Kowald Free Music Production « Nos relations avec les autres compagnies indépendantes sont bonnes grâce aux musiciens qui servent de traits d’union, comme Evan Parker qui joue avec Schlippenbach, Bennink qui joue avec Brötzmann, ainsi que Fred Van Hove » (1975)

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Gino Robair Rastascan « Certains artistes de Rastascan vendent plus de leurs disques à leurs propres concerts que je ne le fais toute l’année avec la distribution. C’est comme ça que ça se passe avec une niche de marché comme la musique improvisée. Il y a beaucoup de fans, et on les rencontre au cours des concerts » (1991)

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Photo: Peter Gannushkin

Misha Mengelberg ICP « En fondant ICP, notre objectif n’était pas seulement la musique mais aussi les conditions de production de la musique. C’était devenu une absolue nécessité de se regrouper » (1981)

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Photo: Peter Gannushkin

Eugene Chadbourne Parachute « La première fois que j’ai joué à New York (en 1977), j’ai eu droit à une mention dans le New York Times par le grand ponte Robert Palmer. Il disait que j’avais sorti deux albums de manière indépendante au Canada et que ça me donnait une certaine réputation. C’étaient les derniers mots qu’il a jamais écrits sur moi » (2002)

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Maarten Altena Claxon « Notre rythme de production est assez lent, ce n’est pas un mal, car on connaît bien des compagnies — même underground — qui produisent tant de disques qu’on ne voit plus quelle est leur politique musicale » (1981).

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